mercredi 15 juillet 2015

Ou il est question de mollet, de Canal et d'un Dimanche parfait












C'est avec l'esprit encoure tout chahuté, et le corps un brin tourmenté par toute par cette subite activité que se passera ma première trêve de bistrotier.
Et cette danse anarchique et brutale des émotions aura déjà laissée quelques ecchymoses visibles après ce premier round.
Je me sent un peu comme un Rocky Balboa des débuts, désorganisé, le pas maladroit, le geste gourd, l'oeil poché par la fatigue, mais le coeur vainqueur et l'esprit guerrier pour conserver l'envie d'y retourner!
Des petites blessures je disait comme quand par exemple la confusion et un léger affolement se sont emparés de moi lundi dernier à la découverte d'un épouvantablement gros mollet droit à vous faire passer ceux de Hulk pour des mollets de coq! La fastidieuse pente de Barbès à grimper jours après jours chevauchant la plus ou moins confortable bicyclette de "Mr tout le monde", le brulant de ces journées caniculaires et les piétinement hasardeux derrière le comptoir m'auront déformé la guibole à tel point que je ne pouvait plus passer mon pantalon!
Quelques bains froids pour calmer cette volumineuse transformation et j'étais de nouveau en état de marche.
Le deuxième round pouvait commencer!

Mercredi nous avions rendez vous au bistrot pour apprendre la recette secrète du Maître de la Tortilla à Paris afin de l'ajouter à la carte à manger pour la semaine.
Il se passera alors deux heures à regarder et écouter attentivement la leçon de Carlo, professeur du jour, espagnol bien sur, pour finalement mettre cette incroyable Tortilla, mélange de pomme de terre, de patate douce, de sauge et d'oignons sur table le soir même.
Cette recette familiale, inédite à la capitale et gracieusement transmise sera donc baptisée, avec l'accord du maître "La Tortilla de la Chambre"!
En tant que bons et reconnaissant apprentis nous promettons de ne jamais divulguer le secret de cette recette.
Oliver, en tant que fanatique de la tortilla, de la pomme de terre et du sandwich en général, d'un geste presque mécanique, entre deux bières servies, et pour se donner le coeur à l'ouvrage, fourra une tranche de la Tortilla de la chambre dans un bout de baguette.
Une quête de fraîcheur, quelques inspirations mélangées, la connivence des regards échangés et voilà l' Espagne et la France, pour faire mentir l'histoire finalement réunies, le Sandwich de la Chambre été né!
La simplicité aura encore une fois gagné! Un bout de baguette, un lit de roquette, une tomate cerise, au choix un bouquet de jambon de parme où de chorizo, bien sur une généreuse tranche de la tortilla secrète, une belle larme de vinaigrette et voilà les papilles en folie!
C'est décidé, le public aura voté, le Sandwich de la Chambre sera la gourmandise à tenir de la carte de ce bistroquet. 

Jeudi c'était dégustation de Beaujolais.
Pas du nouveau bien sur, du fini, bien macéré et fermenté!
Et du naturel s'il vous plait, pas de goût de banane où de bonbon anglais dans ce canon embouteillé!
Les deux vignerons sont présents ce soir là.
Deux gars sympa, relativement doux comparé à la "délicatesse" habituelle des énergumènes du pays du "jus de cerise", ouverts à la discussion, peut être car ce soir là un brin sujets à une certaine fatigue après cette semaine de "tournée" à la capitale pour vendre leurs jajas à qui voudra.
De la vigne à la ville la chenille devient papillon.
Il reprendront la route dans la nuit encore chaude pour rejoindre leur paisibles cocons de campagne loin du marasme de cette vie agitée et nous aussi chevaucheront de nouveaux nos destriers turbulents en direction de nos nids hauts perchés.
A la prochaine et bon vin Camarades.

FUCKING CANAL!!!
Vendredi et Samedi furent moins dédiés à l'éveil des sens et à l'épanouissement.
Tout simplement ces deux soirées étaient d'un ennui mortel au bistrot...
Les premiers jours de la semaine étaient froids, ventus, le ciel était gris et morne, et  la gaieté de l'été avait un peu fuit le coeur des habitants de la ville où la vie va si vite.
Si bien que même le café Chilango, voisins de trottoir et très prisé lieu de rendez vous du soir, été déserté à 21h!
"Fucking canal!", où pour le traduire littéralement, dans nôtre chère langue de Molière, "Putain de canal qui fait chier" sont ces mots fleuris qui reviennent de la part des employés du café Chilango, qui ont l'air de bien connaître cette situation relative à cette époque de l'année, et qui fatalement investissent la petite terrasse improvisée sur la rue, une cigarette à la main, une bière fraîche dans l'autre, se désolant un brin de voir soudainement leur endroit vide et silencieux car les habitants du quartier, alors tout juste en week end, suffocants encore de leur semaine à peine passée, le corps et l'esprit encore cloisonnés, et que le soleil, "Mr Désiré" finalement daigne s'offrir de nouveau pour flatter la couenne de tous  ces gens qui bagarrent encore un peu pour refuser un état de vampirisation totale et ainsi s'amassent sur les berges du canal St Martin pour se remplir la panse avec des chips de qualité douteuses et de bières sans goût.
"Fucking Canal!"
Je reste avec les gens du Chilango et les imitent.
Si le scénario se répète il y a de fortes chances que je parle finalement l'espagnol très bientôt.
Un mal pour un bien.
Emily me rejoint pour la fermeture, nous sommes fatigués, les jambes trop éprouvées, ce soir ce sera taxi. Il faut savoir se préserver.

Malgrés la relative inactivité de cette fin de semaine, C'est dimanche enfin!!! Et celui là ne  sera que pour nous deux et rien d'autre!
De Pain perdu, d'une séance de Cinéma, d'une douce et calme ballade à traverser l'exotique parc Monceau et enfin la chaleur et la quiétude d'un petit dîner à la maisonnée comme épilogue dans l'allégresse.
Laisser le temps filer sans plus y prêter attention.
La simplicité est l'habit de la perfection, le bonheur aplanit les petits malheurs.
Allons reposer nos fortunes maintenant. 

mardi 7 juillet 2015

L' Aspirateur






La maison d'Emily est une maison de famille, une maison ou vont et viennent les amis. 
Cette famille est composée presque essentiellement d'expatriés, certains sont américains, d'autres suédois, où même encore australiens, tous rencontrés à divers moments de sa trépidante et aventureuse vie ici à Paris.
Vous comprendrez maintenant pourquoi je m'exprime le plus souvent dorénavant dans la langue de Shakespeare sur la toile.
Car ce sont les gens qui font partie de mon entourage, enfin il faudrait plutôt dire que ce sont les gens qui m'ont "adopté" au sein de leur famille, moi le petit français, tout jeunot parigot qui ne connaissais rien a rien ici!
Et c'est avec eux que je partage dorénavant les bonnes bouffes et les belles fêtes.
Ce sont tous des gens assez incroyables!

L' Hôtel Dilling est réputé pour le bon goût de la maîtresse de maison!
Son salon spacieux, lumineux est propice à organiser des dîners, autour de la grande et longue table en bois, tout le monde aime s'installer.
(Vous le savez bien, les apparts c'est un peu souvent le bouge, la misère, la petitesse et la galère à Paris Panam ainsi tout le monde n'a pas forcément l'espace nécessaire pour accueillir une dizaine de gais lurons autour d'un buffet campagnard où même de disposer d'un salon qui peut s'improviser vaste piste d'expression corporelle quand vient l'heure de danser!) 
Le grand mur vert inspire une humeur calme et joviale.
Emily aime le vert, celui de la campagne, un vert qui est frais et qui sent les sous-bois des matins de printemps. Et c'est dans cette éternellement claire atmosphère qu' alors les discussions peuvent aller bon train.
Chacun des convives évidemment amène des choses a se mettre sous la dent.
Des Chips, des gâteaux, du fromage mais lors de ces "Family Dinners" c'est principalement Emily et moi qui mettons la main à la pâte pour le repas.
Il ne faut pas se mentir nous sommes un brin "fines gueules" (je vous livre là donc un de nos points communs tout à fait certain et je n'ai bien sur pas à vous rappeler dans qu'elle maison et par qu'elle cuisine j'ai été éduqué...)
Emily est une sacrée cuisinière!!!
Son livre qui sort à la rentrée, qui est d'une part un guide des bonnes adresses et bons producteurs de la région parisienne et d'autre part un livre de recette inspirées de la cuisine française est une petite bible du bonheur de bouche!
J'ai eu l'honneur de goûter son poulet aux asperges et son coq au vin entre autres!
Juste à vous faire pâlir la perfection!
Elle est comme ça ma Belle, elle aime offrir, elle aime faire plaisir, ce qui fait un peu d'elle la maman de cette petite troupe de gens qui n'ont pas le temps... de bien manger.

L'Hôtel Dilling est aussi bien évidemment un endroit où l'on peut dormir.
Il arrive qu'alors pour quelques jours un où deux proches investissent le salon.
Certains sous-louent leurs apparts pour pouvoir assurer le loyer, d'autres sont en transition.
Les animaux sont tout à fait acceptés en cette maison, si bien que le gardien des lieux, Jack un doux matou au pelage foisonnant peut avoir a lui aussi cohabiter avec d'autres qui évoluent à quatre pattes.
Son cousin de coeur c'est Gandhi, un petit ratier noir relativement énergique qui pratique la danse sur deux pattes et qui est le chien de Jeremy, un très proche ami d' Emily.
Les deux aiment alors se laisser aller a un certain type de ballet tout à fait désorganisé. ça virevolte, ça se cherche, ça chahute et ça danse et surtout... ça en fout partout!
Des tapis de poils, des pelotes de fourrures jonchent alors le sol en souvenir de cette communion sauvage.

Ma paysanne de Paris ne possédait à ce jour qu'un rupestre balai de paille pour y remettre un peu d'ordre, après tous ces possibles,  dans cette maison de famille.
Alors Jeremy, qui est un être de confort, en guise de remerciements pour l'accueil, un de ces soirs derniers où Emily et moi étions à bosser, déposa secrètement devant la porte de la chambre un tout neuf et rutilant aspirateur!
L'hôtel Dilling prend alors encore une étoile à son grade!
Celle ci grâce à la bienveillance de ses amis.
Demain nous  baptiserons l' Aspirateur.

A la bonne heure!

Ps: Ci joint une photo de moi avec un fatalement tout à fait inoffensif et immobile ours blanc qui lui ne perdra plus de poils et ne nécessitera donc aucun aspirateur...
Dimanche nous avons eu un peu de temps à passer tout les deux avant qu' Emily ne prenne sont service du soir. 
Nous avons donc été au musée de la chasse et de la nature et beaucoup de choses m'ont rappelées le grand père Henri là-bas.


lundi 6 juillet 2015

Mon entrée à la Chambre Noire










BEIN MERDE ALORS!...
Si on m'avait dit qu'arriverait ça il y a encore quelques mois, j'aurais aisément répondu "Désolé mais il y a erreur sur la personne!"
Vivre où même imaginer travailler à Paris oulala! Pour moi vous le savez bien ça a toujours été "Tu peux bien m'y promettre la grande vie, Non non merci!!!"
Et pourtant voilà ou emmène la vie, sur les mouvements de cette rivière sauvage jamais plus je ne ferait de théories.
Aujourd'hui c'est le résultat d'une rencontre qui m'a amené ici.
Une de celles qui n'ont d'autre sujet que la passion.
Une de celles qui font pousser les ailes, qui libèrent l'esprit des obscures prisons.
Sauter dans le grand bain sans savoir vraiment si on sait nager.
Comme prendre un aller sans retour pour l'aventure, la tête comme une montgolfière et ainsi planer paisiblement, haut et loin, tout doucement respirer pour un rêve éveillé et pourtant... TOUT VA SI VITE ICI!!!

Venons en aux faits! J'ai un boulot!!!
A ce sujet tout commence au café Chilango, situé aux alentours de la place de la République dans le 11ème arrondissement.
Emily connaît les adresses ou trouver les bonnes choses à manger et à boire ( C'est le point de départ de son travail de savoir à propos de ça).
Alors, comme toujours inspirée, ma panthère rose, détective du bon goût m'emmène un jour dans ce café/ bar/ restaurant mexicain où l'on déguste de succulents mets de là bas, préparés par des vrais enfants du pays, des expatriés passionnés (comme il y en a beaucoup à Paris! ça on en reparlera souvent...)
On se sent bien au café Chilango, ambiance cosy, on mange bien on mange bon, on se régale du guacamole et des tacos typiques et  cerises sur le gâteau il y a quelques références de vins naturels, comme ce que l'on aiment!
Emily échange quelques mots avec le Boss au moment de partir.
Nous reviendrons.
Quelques temps après cette visite gustative, Emily m'apprend que le Boss du café pense à ouvrir un bar à Vins Naturels!
Tiens voilà qui est intéressant car à ce moment là commence à me trotter parallèlement dans la tête l'idée de trouver un job pour l'été à Paris. Il y peut être une bonne carte à jouer! (Nous avons des projets florissants à l'esprit, pour ça fatalement il faut de l'argent, mais là encore nous y reviendrons plus tard...).
Dans l'idéal je pensais à évoluer dans l'univers du vin naturel, celui que je connais, celui que j'aime.
J'aime l'idée que "si on peut éviter de faire ce qu'on aime pas pourquoi pas!"
J'ai à ce moment là déjà préparé le terrain, hameçonné un autre bistrot de qualité en la matière, un essai est prévu mais l'histoire ne se fera finalement pas là bas.
(Certes il aurait été tout à fait simple de trouver un boulot chez McDo, mais heureusement, et en grande partie grâce à vous, il n'y avait pas d'urgence en termes de survie, ce qui ouvrait de bonnes perspectives à pouvoir entreprendre de continuer à se respecter soi-même.)
Le temps passe et finalement le bistrot ouvre. Il sera baptisé "La Chambre Noire" en référence a la formation d'origine d' Oliver, mon Boss en devenir, dans le monde du cinéma.
Il n'y à ce moment là pas de ligne de conduite précise pour l'identité de ce nouveau zinc.
Lui imagine un endroit ou des personnes d'identités et de cultures différentes pourraient venir s'exprimer librement en cuisinant et/ où en proposant des projets passionnés.
On se rencontre une nouvelle fois et il me fait comprendre qu'il ne peut offrir un boulot fixe à quelqu'un pour le moment, car il doit laisser un peu de temps pour voir comment prend la mayonnaise de cette nouvelle affaire avant d'entreprendre la suite de la tambouille...
Je ne pense finalement pas pouvoir travailler un jour là bas à ce moment là...

Un jour Emily est contactée par une amie à elle qui prépare une soirée charcuterie/ fromage revisitée à sa façon pour lui demander de l'aide à choisir les vins pour accompagner sa cuisine.
Emily ne peut répondre à cette requête car ce soir là elle est de service au Pub écossais où elle travaille actuellement.
Elle me propose donc de rendre ce service à son amie.
Je me rends donc à la Chambre Noire et nous goûtons la cuisine en choisissant les vins à associer à ses mets.
Pendant la dégustation Oliver tourne autour. Il m'écoute parler des vins. Il ne parle pas beaucoup. Il a eu un coup de coeur pour les vins naturels, à ouvert un endroit qu'il veut dédié à ce sujet, mais sa relation avec ce type de jajas est encore jeune, un peu en manque de savoir de sa propre confession.
Alors il me demande 5 minutes pour fumer une tige et discuter.
-"Ben, Je vois que tu connais très bien les vins naturels. Qu'est-ce que tu peux me proposer de faire ici?"
-" Euh... Je ne sais pas!... qu' attends tu de quelqu'un ici?"
-"Tu vois comme j'ambitionne l'histoire dans les grandes lignes, à toi de me dire ce que tu pourrais faire ici"
-"Hum... Et bien j'ai déjà travailler dans un bar à vin naturels à Nantes, j'y faisais caviste, service en salle, barman, un peu de cuisine..."
-"Ok, moi j'ai besoin de quelqu'un qui amène des idées, j'ai beaucoup de travail à côté, combien de jours par semaine es tu disponible, j'aimerai peut être te confier une partie de l'histoire?"
-"Euh... Ok! moi je suis dispo, je suis à Paris tout l'été, donc comme tu veux!"
-"Ok viens mercredi après midi avec des idées de recettes pour le soir, nous irons faire les courses ensemble"

J'attendais et j'espérais que résonne ces trois coups de bâton!
Et voilà que le rideau tombe...
Lumière!
Premier Acte

Mon entrée à la Chambre Noire

Mercredi dernier donc, jour de canicule subite, 39 degrés brûlants dans les rues de Paris, je faisais un premier service.


Une heure et demi de cuisine dans un endroit que je ne connais pas, où je n'ai pas de marques, il fait tellement chaud, je perds 10 litres d'eau par minute, j'en ingurgite tout autant. Je ne sais pas vraiment comment m'y prendre, je coupe, je mixe, je fais cuire, j'assemble, tout est hasardeux, la tête me tourne, je m'y perds, je ne sais pas vraiment où je vais. A 19h, heure d'ouverture, je n'y croyais pas mais je suis finalement en place!!!
Je suis nerveux, c'est mon soir d'essai.
Ce soir ce sera Petits Pois aux Fraises inspirés d'une recette d'Alain Passard et Gaspacho de concombre accompagné de tartines de chèvre frais aux herbes.
Oliver me regarde faire ce soir là, quelques clins d' oeil rassurant de sa part me font me sentir plus à l'aise au fil de la soirée.
Quelques assiettes sortent sur table, mais ce n'est pas l'orgie culinaire. Les gens n'ont pas faim, il fait trop chaud, encore 38 degrés passé 22h...Ils sont juste focalisés sur l'idée de s'hydrater... Moi aussi ... Je me sens depuis mon arrivé humide et suintant à l'extérieur et complètement aride à l'intérieur...
J'ai le fantasme d'une baignoire remplie de glaçons.
Une fois le service fini, les portes fermées et le ménage fais, il me dit "Merci Ben, reviens demain à 18h. Demain j'ai envie de faire un truc autour de la patate. Penses à une ou deux recettes."
Je réponds "OK!"
Je sors, Je souffle, je suis soulagé, un peu K.O je réalise que je ne comprends pas vraiment ce qui viens de se passer...
Je m'engouffre dans la cuisante nuit.

Le lendemain j' étais à l'heure, par cette toujours accablante chaleur déjà éreinté, mais patates en mains!!! Un autre jour de canicule à vous faire mettre genoux à terre le plus endurci des dromadaires, et nous voilà partis pour une soirée sous le signe de la pomme de terre!
37°C, un repas chaud? "Hum?!... Ok Boss c'est ton idée on le fait", j'entreprends tout de même de déclencher le plan "Fraîcheur" de sécurité en cas de début d'incendie de bouche...
Au terme de cette deuxième nuit, la tête passée dans le four à 180°C, Oliver me dit que à partir de demain j'aurais ma clé, que dorénavant je travaille ici, et qu'a partir de vendredi c'est moi qui gère le lieu.
"Euh.. Ah oui?!... Je n'imaginais pas vraiment le scénario comme cela... Je vais réfléchiiiii....OK!"

Depuis Vendredi 18 h me voilà à ouvrir et à fermer la Chambre Noire.  Mise en place, cuisine, service, fermeture, ménage...
C'est tellement soudain, tellement rapide, c'est beaucoup, c'est un peu fou, j'ai du mal à réaliser.
2H du matin, il est temps de remonter sur le vélo (ça on en parlera aussi du vélo, mon principal et tout à fait épique moyen de locomotion!...), se diriger vers la place de la République, remonter le Boulevard Magenta, passer gare de l'Est et gare du Nord, traverser le carrefour de Barbès le "turbulent", remonter encore son boulevard et terminer la course à Marcadet- Poissonnier environ 25 minutes après, c'est ici la maison!
Ce soir c'est dimanche soir,  jour de congés, je vous écrit depuis un petit Bistrot de bon goût dans le 18ème, non loin de la maison, ou je suis venu me poser pour vous faire le récit de ces déjà "folles" aventures de ma nouvelle vie!
Je n'avez pas envie de faire la cuisine ce soir, j' ai déjà beaucoup joué des couteaux à mon goût pour cette semaine. J'avais envie de me laisser faire, j'avais envie qu'on s'occupe de moi. Je suis bien fatigué mais heureux. Ici tout va très très vite comme je le disait.  Il faut s'adapter au rythme et essayer de prendre du temps pour soi. Je suis donc en solitaire, un peu de fromage, de charcuterie, un où deux verres feront l'affaire. Emily est au travail ce soir, j'ai hâte qu'elle rentre.
La vie est folle bondieu mais la vie est belle!

Allons dormir un peu.
A tout vite pour la suite.

Prologue: Lettre à Paris


"Paris, Paris, Paris...
J'en avait tellement entendu, vu et lu sur toi!
Tellement de choses qui faisaient que même si je ne te connaissais pas, je ne t'aimais pas.
Et oui quand on ne connaît pas on dit souvent n'importe quoi...
Toi! Reine de Beauté, Merveille immaculée, depuis toujours contée, chantée, peinturlurée.
Dans la mélancolie, l'allégresse, le spleen ou l'idéal, peut importe... Comme il se dit ici: "Paris t'es d'la balle!!!"
A travers les Arts et l' Histoire, qu'elle que soit la robe dont on te pare, avec toi il n'est jamais trop tard.
Dame mystère et de fait absolument désirable.
Toi la mondaine, précieuse inaccessible et moi le Sauvage.
Sur le papier ça ne pouvait pas marcher...
Pour moi ma chère t'étais juste l' Enfer sur terre, un alibi à la claustrophobie, un mirage à mille étages, un carnage comme même n'aurait oser imaginer le Caravage, une fourmilière à défaut d'air...
Car sans vouloir t'offenser, tu sais Paris, moi ce que tout le monde veut et là où tout le monde va, j'en veux pas, j'y vais pas... c'est comme ça.
Aujourd'hui tu me vois me nicher en ton sein.
Alors accueilles moi un brin si tu le veux bien.
Mais dis moi que tu ne me feras pas d'histoires si je ne reste pas très tard, car pour pour tout te dire Paris, je ne suis pas là pour toi!
En attendant couves moi donc d'ambitions mon pigeon, mais d'aucunes autres qui font pousser les ailes pour la migration.
Je ne suis qu'un Benjamin, et de près ou de loin Paris sans toi jamais ne serait apparue Emily, le soleil de ma vie.
Alors pour toi cette fois ci, en révérence Merci Paris et surtout Merci la Vie!"