BEIN MERDE ALORS!...
Si on m'avait dit qu'arriverait ça il y a encore quelques mois, j'aurais aisément répondu "Désolé mais il y a erreur sur la personne!"
Vivre où même imaginer travailler à Paris oulala! Pour moi vous le savez bien ça a toujours été "Tu peux bien m'y promettre la grande vie, Non non merci!!!"
Et pourtant voilà ou emmène la vie, sur les mouvements de cette rivière sauvage jamais plus je ne ferait de théories.
Aujourd'hui c'est le résultat d'une rencontre qui m'a amené ici.
Une de celles qui n'ont d'autre sujet que la passion.
Une de celles qui font pousser les ailes, qui libèrent l'esprit des obscures prisons.
Sauter dans le grand bain sans savoir vraiment si on sait nager.
Comme prendre un aller sans retour pour l'aventure, la tête comme une montgolfière et ainsi planer paisiblement, haut et loin, tout doucement respirer pour un rêve éveillé et pourtant... TOUT VA SI VITE ICI!!!
Venons en aux faits! J'ai un boulot!!!
A ce sujet tout commence au café Chilango, situé aux alentours de la place de la République dans le 11ème arrondissement.
Emily connaît les adresses ou trouver les bonnes choses à manger et à boire ( C'est le point de départ de son travail de savoir à propos de ça).
Alors, comme toujours inspirée, ma panthère rose, détective du bon goût m'emmène un jour dans ce café/ bar/ restaurant mexicain où l'on déguste de succulents mets de là bas, préparés par des vrais enfants du pays, des expatriés passionnés (comme il y en a beaucoup à Paris! ça on en reparlera souvent...)
On se sent bien au café Chilango, ambiance cosy, on mange bien on mange bon, on se régale du guacamole et des tacos typiques et cerises sur le gâteau il y a quelques références de vins naturels, comme ce que l'on aiment!
Emily échange quelques mots avec le Boss au moment de partir.
Nous reviendrons.
Quelques temps après cette visite gustative, Emily m'apprend que le Boss du café pense à ouvrir un bar à Vins Naturels!
Tiens voilà qui est intéressant car à ce moment là commence à me trotter parallèlement dans la tête l'idée de trouver un job pour l'été à Paris. Il y peut être une bonne carte à jouer! (Nous avons des projets florissants à l'esprit, pour ça fatalement il faut de l'argent, mais là encore nous y reviendrons plus tard...).
Dans l'idéal je pensais à évoluer dans l'univers du vin naturel, celui que je connais, celui que j'aime.
J'aime l'idée que "si on peut éviter de faire ce qu'on aime pas pourquoi pas!"
J'ai à ce moment là déjà préparé le terrain, hameçonné un autre bistrot de qualité en la matière, un essai est prévu mais l'histoire ne se fera finalement pas là bas.
(Certes il aurait été tout à fait simple de trouver un boulot chez McDo, mais heureusement, et en grande partie grâce à vous, il n'y avait pas d'urgence en termes de survie, ce qui ouvrait de bonnes perspectives à pouvoir entreprendre de continuer à se respecter soi-même.)
Le temps passe et finalement le bistrot ouvre. Il sera baptisé "La Chambre Noire" en référence a la formation d'origine d' Oliver, mon Boss en devenir, dans le monde du cinéma.
Il n'y à ce moment là pas de ligne de conduite précise pour l'identité de ce nouveau zinc.
Lui imagine un endroit ou des personnes d'identités et de cultures différentes pourraient venir s'exprimer librement en cuisinant et/ où en proposant des projets passionnés.
On se rencontre une nouvelle fois et il me fait comprendre qu'il ne peut offrir un boulot fixe à quelqu'un pour le moment, car il doit laisser un peu de temps pour voir comment prend la mayonnaise de cette nouvelle affaire avant d'entreprendre la suite de la tambouille...
Je ne pense finalement pas pouvoir travailler un jour là bas à ce moment là...
Un jour Emily est contactée par une amie à elle qui prépare une soirée charcuterie/ fromage revisitée à sa façon pour lui demander de l'aide à choisir les vins pour accompagner sa cuisine.
Emily ne peut répondre à cette requête car ce soir là elle est de service au Pub écossais où elle travaille actuellement.
Elle me propose donc de rendre ce service à son amie.
Je me rends donc à la Chambre Noire et nous goûtons la cuisine en choisissant les vins à associer à ses mets.
Pendant la dégustation Oliver tourne autour. Il m'écoute parler des vins. Il ne parle pas beaucoup. Il a eu un coup de coeur pour les vins naturels, à ouvert un endroit qu'il veut dédié à ce sujet, mais sa relation avec ce type de jajas est encore jeune, un peu en manque de savoir de sa propre confession.
Alors il me demande 5 minutes pour fumer une tige et discuter.
-"Ben, Je vois que tu connais très bien les vins naturels. Qu'est-ce que tu peux me proposer de faire ici?"
-" Euh... Je ne sais pas!... qu' attends tu de quelqu'un ici?"
-"Tu vois comme j'ambitionne l'histoire dans les grandes lignes, à toi de me dire ce que tu pourrais faire ici"
-"Hum... Et bien j'ai déjà travailler dans un bar à vin naturels à Nantes, j'y faisais caviste, service en salle, barman, un peu de cuisine..."
-"Ok, moi j'ai besoin de quelqu'un qui amène des idées, j'ai beaucoup de travail à côté, combien de jours par semaine es tu disponible, j'aimerai peut être te confier une partie de l'histoire?"
-"Euh... Ok! moi je suis dispo, je suis à Paris tout l'été, donc comme tu veux!"
-"Ok viens mercredi après midi avec des idées de recettes pour le soir, nous irons faire les courses ensemble"
J'attendais et j'espérais que résonne ces trois coups de bâton!
Et voilà que le rideau tombe...
Lumière!
Premier Acte
Mon entrée à la Chambre Noire
Mercredi dernier donc, jour de canicule subite, 39 degrés brûlants dans les rues de Paris, je faisais un premier service.
Une heure et demi de cuisine dans un endroit que je ne connais pas, où je n'ai pas de marques, il fait tellement chaud, je perds 10 litres d'eau par minute, j'en ingurgite tout autant. Je ne sais pas vraiment comment m'y prendre, je coupe, je mixe, je fais cuire, j'assemble, tout est hasardeux, la tête me tourne, je m'y perds, je ne sais pas vraiment où je vais. A 19h, heure d'ouverture, je n'y croyais pas mais je suis finalement en place!!!
Je suis nerveux, c'est mon soir d'essai.
Ce soir ce sera Petits Pois aux Fraises inspirés d'une recette d'Alain Passard et Gaspacho de concombre accompagné de tartines de chèvre frais aux herbes.
Oliver me regarde faire ce soir là, quelques clins d' oeil rassurant de sa part me font me sentir plus à l'aise au fil de la soirée.
Quelques assiettes sortent sur table, mais ce n'est pas l'orgie culinaire. Les gens n'ont pas faim, il fait trop chaud, encore 38 degrés passé 22h...Ils sont juste focalisés sur l'idée de s'hydrater... Moi aussi ... Je me sens depuis mon arrivé humide et suintant à l'extérieur et complètement aride à l'intérieur...
J'ai le fantasme d'une baignoire remplie de glaçons.
Une fois le service fini, les portes fermées et le ménage fais, il me dit "Merci Ben, reviens demain à 18h. Demain j'ai envie de faire un truc autour de la patate. Penses à une ou deux recettes."
Je réponds "OK!"
Je sors, Je souffle, je suis soulagé, un peu K.O je réalise que je ne comprends pas vraiment ce qui viens de se passer...
Je m'engouffre dans la cuisante nuit.
Le lendemain j' étais à l'heure, par cette toujours accablante chaleur déjà éreinté, mais patates en mains!!! Un autre jour de canicule à vous faire mettre genoux à terre le plus endurci des dromadaires, et nous voilà partis pour une soirée sous le signe de la pomme de terre!
37°C, un repas chaud? "Hum?!... Ok Boss c'est ton idée on le fait", j'entreprends tout de même de déclencher le plan "Fraîcheur" de sécurité en cas de début d'incendie de bouche...
Au terme de cette deuxième nuit, la tête passée dans le four à 180°C, Oliver me dit que à partir de demain j'aurais ma clé, que dorénavant je travaille ici, et qu'a partir de vendredi c'est moi qui gère le lieu.
"Euh.. Ah oui?!... Je n'imaginais pas vraiment le scénario comme cela... Je vais réfléchiiiii....OK!"
Depuis Vendredi 18 h me voilà à ouvrir et à fermer la Chambre Noire. Mise en place, cuisine, service, fermeture, ménage...
C'est tellement soudain, tellement rapide, c'est beaucoup, c'est un peu fou, j'ai du mal à réaliser.
2H du matin, il est temps de remonter sur le vélo (ça on en parlera aussi du vélo, mon principal et tout à fait épique moyen de locomotion!...), se diriger vers la place de la République, remonter le Boulevard Magenta, passer gare de l'Est et gare du Nord, traverser le carrefour de Barbès le "turbulent", remonter encore son boulevard et terminer la course à Marcadet- Poissonnier environ 25 minutes après, c'est ici la maison!
Ce soir c'est dimanche soir, jour de congés, je vous écrit depuis un petit Bistrot de bon goût dans le 18ème, non loin de la maison, ou je suis venu me poser pour vous faire le récit de ces déjà "folles" aventures de ma nouvelle vie!
Je n'avez pas envie de faire la cuisine ce soir, j' ai déjà beaucoup joué des couteaux à mon goût pour cette semaine. J'avais envie de me laisser faire, j'avais envie qu'on s'occupe de moi. Je suis bien fatigué mais heureux. Ici tout va très très vite comme je le disait. Il faut s'adapter au rythme et essayer de prendre du temps pour soi. Je suis donc en solitaire, un peu de fromage, de charcuterie, un où deux verres feront l'affaire. Emily est au travail ce soir, j'ai hâte qu'elle rentre.
La vie est folle bondieu mais la vie est belle!
Allons dormir un peu.
A tout vite pour la suite.




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