C'est avec l'esprit encoure tout chahuté, et le corps un brin tourmenté par toute par cette subite activité que se passera ma première trêve de bistrotier.
Et cette danse anarchique et brutale des émotions aura déjà laissée quelques ecchymoses visibles après ce premier round.
Je me sent un peu comme un Rocky Balboa des débuts, désorganisé, le pas maladroit, le geste gourd, l'oeil poché par la fatigue, mais le coeur vainqueur et l'esprit guerrier pour conserver l'envie d'y retourner!
Des petites blessures je disait comme quand par exemple la confusion et un léger affolement se sont emparés de moi lundi dernier à la découverte d'un épouvantablement gros mollet droit à vous faire passer ceux de Hulk pour des mollets de coq! La fastidieuse pente de Barbès à grimper jours après jours chevauchant la plus ou moins confortable bicyclette de "Mr tout le monde", le brulant de ces journées caniculaires et les piétinement hasardeux derrière le comptoir m'auront déformé la guibole à tel point que je ne pouvait plus passer mon pantalon!
Quelques bains froids pour calmer cette volumineuse transformation et j'étais de nouveau en état de marche.
Le deuxième round pouvait commencer!
Mercredi nous avions rendez vous au bistrot pour apprendre la recette secrète du Maître de la Tortilla à Paris afin de l'ajouter à la carte à manger pour la semaine.
Il se passera alors deux heures à regarder et écouter attentivement la leçon de Carlo, professeur du jour, espagnol bien sur, pour finalement mettre cette incroyable Tortilla, mélange de pomme de terre, de patate douce, de sauge et d'oignons sur table le soir même.
Cette recette familiale, inédite à la capitale et gracieusement transmise sera donc baptisée, avec l'accord du maître "La Tortilla de la Chambre"!
En tant que bons et reconnaissant apprentis nous promettons de ne jamais divulguer le secret de cette recette.
Oliver, en tant que fanatique de la tortilla, de la pomme de terre et du sandwich en général, d'un geste presque mécanique, entre deux bières servies, et pour se donner le coeur à l'ouvrage, fourra une tranche de la Tortilla de la chambre dans un bout de baguette.
Une quête de fraîcheur, quelques inspirations mélangées, la connivence des regards échangés et voilà l' Espagne et la France, pour faire mentir l'histoire finalement réunies, le Sandwich de la Chambre été né!
La simplicité aura encore une fois gagné! Un bout de baguette, un lit de roquette, une tomate cerise, au choix un bouquet de jambon de parme où de chorizo, bien sur une généreuse tranche de la tortilla secrète, une belle larme de vinaigrette et voilà les papilles en folie!
C'est décidé, le public aura voté, le Sandwich de la Chambre sera la gourmandise à tenir de la carte de ce bistroquet.
Jeudi c'était dégustation de Beaujolais.
Pas du nouveau bien sur, du fini, bien macéré et fermenté!
Et du naturel s'il vous plait, pas de goût de banane où de bonbon anglais dans ce canon embouteillé!
Les deux vignerons sont présents ce soir là.
Deux gars sympa, relativement doux comparé à la "délicatesse" habituelle des énergumènes du pays du "jus de cerise", ouverts à la discussion, peut être car ce soir là un brin sujets à une certaine fatigue après cette semaine de "tournée" à la capitale pour vendre leurs jajas à qui voudra.
De la vigne à la ville la chenille devient papillon.
Il reprendront la route dans la nuit encore chaude pour rejoindre leur paisibles cocons de campagne loin du marasme de cette vie agitée et nous aussi chevaucheront de nouveaux nos destriers turbulents en direction de nos nids hauts perchés.
A la prochaine et bon vin Camarades.
FUCKING CANAL!!!
Vendredi et Samedi furent moins dédiés à l'éveil des sens et à l'épanouissement.
Tout simplement ces deux soirées étaient d'un ennui mortel au bistrot...
Les premiers jours de la semaine étaient froids, ventus, le ciel était gris et morne, et la gaieté de l'été avait un peu fuit le coeur des habitants de la ville où la vie va si vite.
Si bien que même le café Chilango, voisins de trottoir et très prisé lieu de rendez vous du soir, été déserté à 21h!
"Fucking canal!", où pour le traduire littéralement, dans nôtre chère langue de Molière, "Putain de canal qui fait chier" sont ces mots fleuris qui reviennent de la part des employés du café Chilango, qui ont l'air de bien connaître cette situation relative à cette époque de l'année, et qui fatalement investissent la petite terrasse improvisée sur la rue, une cigarette à la main, une bière fraîche dans l'autre, se désolant un brin de voir soudainement leur endroit vide et silencieux car les habitants du quartier, alors tout juste en week end, suffocants encore de leur semaine à peine passée, le corps et l'esprit encore cloisonnés, et que le soleil, "Mr Désiré" finalement daigne s'offrir de nouveau pour flatter la couenne de tous ces gens qui bagarrent encore un peu pour refuser un état de vampirisation totale et ainsi s'amassent sur les berges du canal St Martin pour se remplir la panse avec des chips de qualité douteuses et de bières sans goût.
"Fucking Canal!"
Je reste avec les gens du Chilango et les imitent.
Si le scénario se répète il y a de fortes chances que je parle finalement l'espagnol très bientôt.
Un mal pour un bien.
Emily me rejoint pour la fermeture, nous sommes fatigués, les jambes trop éprouvées, ce soir ce sera taxi. Il faut savoir se préserver.
Malgrés la relative inactivité de cette fin de semaine, C'est dimanche enfin!!! Et celui là ne sera que pour nous deux et rien d'autre!
De Pain perdu, d'une séance de Cinéma, d'une douce et calme ballade à traverser l'exotique parc Monceau et enfin la chaleur et la quiétude d'un petit dîner à la maisonnée comme épilogue dans l'allégresse.
Laisser le temps filer sans plus y prêter attention.
Laisser le temps filer sans plus y prêter attention.
La simplicité est l'habit de la perfection, le bonheur aplanit les petits malheurs.
Allons reposer nos fortunes maintenant.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire